On fait peau neuve !

On fait peau neuve !

Notre dernière newsletter à fait beaucoup réagir. Vous avez été nombreu·se·s à nous encourager (merci d’être à nos côtés dans cette folle aventure !), mais aussi à chercher le nouvel ingrédients mystère...

Avant de vous présenter la nouvelle version de Papa Outang, j'aimerais revenir avec vous sur la création de notre première recette.

La naissance de la recette

Janvier 2020. Armé de noisettes, de sucre, de cacao, et d’autres ingrédients plus farfelus (comme des poids chiches ou de la farine de féverole !), me voilà prêt à concocter la toute première recette de Papa Outang.

Direction le Nord de la France, dans la cuisine de mes parents. C’est dans cette même pièce que 6 mois plus tôt, j'ai eu l’idée de lancer Papa Outang, en voyant ma mère préparer elle-même une pâte à tartiner sans huile de palme.

Après avoir épluché des centaines de pages de recettes, visionné des heures de tutoriel de cuisine, j’ai gribouillé le premier brief avant de me lancer dans l'élaboration de la recette.

La pâte à tartiner devra être :

  • largement moins grasse et sucrée que les pâtes industrielles ;
  • commercialisable au format vrac pour limiter la production de déchets ;
  • facile à fabriquer, avec très peu d’étapes de transformation ;
  • sans huile de palme ou autres ingrédients controversés ;
  • loin des standards des pâte à tartiner en terme de goût, et de texture.

La théorie est une chose, mais dans la pratique je n’avais aucune expérience dans la formulation de recettes. Issu d’une école de publicité j’étais plus à l’aise avec la conception d’idées qu’avec des casseroles et des fiches nutritionnelles.

Pour ne pas nous faciliter la tâche avec Loïc, nous avions déjà prévu une prévente pour le mois de février. Ce qui nous laissait un peu moins de 30 jours pour concocter une recette, qui sur le papier, devrait être capable de concurrencer Nutella dans les rayons.

30 jours, ça passe très vite. Surtout lorsque c’est la première fois qu’on se lance dans la formulation d’une recette. Mais contre toute attente, Papa Outang est né en février 2020 après une trentaine d'essais.

Depuis, mis à part quelques petits changements, nous n’avons jamais eu à toucher au coeur de la recette.

La France est un pays de gourmand.e.s

Près de 3 kilos de pâte à tartiner sont mangées chaque seconde en France, soit environ 300 000 pots par jour.

Pour nous le calcul est simple : plus nous vendons de pot, plus nous sauvons de forêt. Imaginez un instant : avec 1% du marché, nous pourrions protéger 3000m2 de forêt par jour... Soit plus de 1 000 000 de m² chaque année !

Problème : du haut de ses 25 € par kilo, notre produit est trop cher pour beaucoup de familles. En France, le prix moyen pour un kilo de pâte à tartiner est de 10 €. Avec la baisse du pouvoir d'achat, débarquer en rayons avec un produit presque 3x plus cher que les standards, c'est se tirer une balle dans le pied.

Pour nous faire une place parmi les centaines d'autres pâtes à tartiner, baisser le prix au kilo de Papa Outang est vite devenu un problème qui nous a valu quelques nuits blanches.

Comment rendre un produit accessible ?

Pour avoir un prix attractif, les leaders de l'agroalimentaires utilisent majoritairement des ingrédients non-bios, et qui ne sont pas issus du commerce équitable. C’est la cas de marques comme Michel & Augustin, Bonne Maman, ou encore Nutella.

Dans les pâtes à tartiner leaders, un pot est composé en moyenne à 70% de sucre raffiné et d'huile. Chez Michel & Augustin, vous retrouverez 50% de lait (non-bio) dans leurs pots. Des ingrédients ultra-rentables utilisés pour faire chuter le prix au kilo des produits.

Mais voilà, sur l’Île de la Réunion par exemple, la moitié des pesticides utilisés pour cultiver du sucre de canne sont potentiellement cancérogènes. Cette exposition concerne des milliers de personnes.

En Côte d’Ivoire, la population locale accuse les chocolatiers de tirer profit de la vente de cacao bon marché récolté par des enfants esclaves, et de tirer les prix si bas qu’ils ne permettent pas aux producteurs de verser des salaires à des adultes.

Pour nous, hors de question d’abandonner nos producteurs bio et équitable pour faire baisser le prix du produit. Alimenter des problèmes à l'autre bout du monde en vendant Papa Outang n'aurait aucun sens.

Un crash-test douloureux

En février, le groupe Cora nous à invité dans l'un de ses magasin pour participer à une expérience : vendre Papa Outang en conditions réelles dans une grandes surfaces pour confronter notre produit au marché.

En 2 jours Papa Outang a réussi à séduire des centaines de clients. Mais le prix du sachet, jugé trop élevé, fera douter le groupe Cora sur notre capacité à nous implanter durablement en rayons.

Échouer aux portes des magasins, ça fait mal. Ce fut pour Loïc et moi un électrochoc. Quelques mois plus tôt nous avions passé du temps avec Chanee, le fondateur de l'association Kalaweit, qui nous faisait part de ses projets. Pour sauver la forêt, le temps manque, et l'argent aussi !

Pour faire de Papa Outang une source de revenu stable pour Kalaweit, pour mener des batailles urgentes contre les compagnies d'huile de palme, nous devons rapidement conquérir les grandes surfaces.

Nous n'avions plus d'autre choix : évoluer, ou échouer.  En bref, une nouvelle recette devait voir le jour.

Quelques tableaux excel plus tard

Janvier 2022. Deux ans après la première formulation de la recette, rebellote. Direction le Nord de la France, dans la cuisine de mes parents, pour concocter une version de Papa Outang capable de tenir le choc des prix en rayons.

Notre objectif : faire baisser le pourcentage de noisette de 38 à 22% (versus 13% dans les pâtes industrielles) afin d'obtenir un prix de vente au kilo aux alentours de 18€. Un prix loin d'être idéal, mais qui nous permettrait néanmoins d'entrer sereinement dans les rayons (et d'ensuite d'obtenir des économies d'échelles grâce aux volumes).

Reformuler une recette est complexe. C'est prendre le risque de dénaturer le produit. Pour une pâte à tartiner à faire soi-même comme Papa Outang, c'était aussi un véritable défi technique. Nous devions trouver un ingrédient neutre en goût, sain pour la santé, et qui apporte de la texture. Bref, un ingrédient miracle !

Comme lors de la première formulation de la recette, avant de sortir les casseroles, j'ai aiguisé ma plus belle plume pour gribouiller les lignes directrices à suivre.

La recette 2.0 devra :

  • inclure un nouvel ingrédient qui améliore la texture...
  • ... et qui qui renforce les qualités nutritionnelles
  • ne pas ajouter de nouvelle étape de fabrication
  • ne pas être différente en terme de goût que la recette actuelle

Après avoir testé des dizaines de recettes plus étranges les unes que les autres (à base de lupin, de lin ou encore de farine de tournesol...), Loïc a eu, comme souvent, une idée brillante.

Chaque matin, lors du petit déjeuner, il se prépare un grand bol de flocons d'avoine. Loïc est vegan, alors pas question d'ajouter du lait. Une boisson végétale ? Non plus, puisqu'il est zéro déchet.

Comme la nature est bien faite, Loïc n'est pas obligé d'engloutir chaque matin un bol de flocons d'avoines secs. Au contact de l'eau, les flocons d'avoine libèrent une farine qui blanchit et épaissit l'eau. En bref, son eau devient en quelques secondes... un lait d'avoine !

Lorsqu'on regarde de plus près la composition d'un lait d'avoine commercialisé en magasins, on se rend compte qu'une brique est composée à 10% d'avoine, et à 90% d'eau ! C'est pareil pour le lait d'amande ou de soja, à quelques pourcentages près.

Alors, plutôt que d'inciter les gens à préparer Papa Outang avec une boisson végétale, pourquoi ne pas l'inclure dans la recette ?

Bingo ! En ajoutant de l'avoine dans la recette, je n'aurais plus qu'à ajouter de l'eau pour obtenir le même résultat qu'avec un lait animal ou une boisson végétale.

L'avoine, notre ingrédient miracle

Avant, pour cuisiner Papa Outang, vous aviez besoin d'un sachet et d'une brique de lait (végétal ou animal). Demain, vous n'aurez plus qu'à ajouter de l'eau pour obtenir le même résultat.

Avant, un sachet de Papa Outang coûtait 4.95€ et permettait de sauver 1m2 de forêt. Demain, vous sauverez toujours 1m² de forêt, mais vous payerez votre sachet 3.60€. De quoi rendre Papa Outang accessible au plus grand nombre, et donc permettre de sauver toujours plus de forêt.

Fabriqué en France, l'avoine permet également d'améliorer les qualités nutritionnelles de la recette.

Plus de clients, plus de forêt

Une pâte à tartiner vendue sous forme de sachet (et distribuable à terme au format vrac) est nettement plus écologique. Un emballage plus léger, ça signifie des camions remplis de nourriture et pas d'emballage, et donc moins de CO2 émis lors du transport.

Mais malgré tout, l'usage du "faire soi-même" présente de nombreux inconvénients. Les non-initiés à la cuisine sont par exemple difficiles à convaincre. Lors de la préparation, il y a également un risque d'une erreur de dosage de l'eau à ajouter, ce qui fausse la première expérience de dégustation.

Alors, lors de la formulation de nouvelle recette, nous nous sommes lancé un deuxième défi : nous sommes fiers de vous présenter la version de Papa Outang prête à consommer, qui sera exclusivement disponible en magasins.

En rayons, deux produits seront disponibles :

  • le pot de Papa Outang, la pâte prête à consommer ;
  • et son eco-recharge, le sachet à faire soi-même.

Au delà de la nouvelle recette, c'est l'usage même du produit que nous faisons évoluer. En présentant Papa Outang comme une pâte à tartiner à recharger, nous toucherons davantage de familles.

Achetez le pot, gardez le toute votre vie, et remplissez-le avec une eco-recharge qui se prépare en moins de 2 minutes.

Le mot de la fin

Ces derniers mois on été un véritable parcours du combattant. Nous avons dû prendre avec Loïc des décisions difficiles, sources de stress et d'inconfort à absorber au quotidien.

Revoir la recette, et plus largement le format du produit avec l'arrivée du pot, nous aura permis de répondre à une question qui guidera nos prochaines actions : jusqu'où sommes nous prêt à aller pour sauver la forêt des orangs-outans ?

Deux principes ont guidé nos réflexions...

  • L'éthique à tout prix : nous nous opposons radicalement aux marques irresponsables qui sacrifient l'humain et la planète dans le seul but de remplir les poches de leurs actionnaires. Soutenir une agriculture sans pesticide et le commerce équitable est pour nous essentiel.

  • Une transparence radicale : avec cette nouvelle recette aux qualités nutritionnelles améliorées, nous aurions pu comme les grandes marques, utiliser des arguments fallacieux pour introduire le nouveau format. Pourtant, nous sommes convaincus que nous vous devons une transparence radicale sur nos intentions. Moins de blabla, plus d'actions.

Certain.e.s d'entre vous on peut être déjà vu passer l'information sur LinkedIn. Mais comme à toute les histoires, il y a une fin. Et ici, elle est digne des plus beaux contes de fées.

Début Avril, deux mois après notre échec chez Cora, nous avons participé à un concours pour les 60 ans du groupe Monoprix. À la clé : un référencement national dans leur réseau de magasins. Nous avons donc participé au concours en envoyant les premiers prototypes du pot et de son eco-recharge.

Et nous avons GAGNÉ !

Papa Outang fait partie des 8 marques sélectionnée (sur des centaines de participantes). Le pot et son eco-recharge feront leur entrée en rayon dans les prochains mois.

Le 31 mai, nous participons à un concours de pitch qui sera diffusé en direct sur le compte Instagram de Monoprix. La marque qui obtiendra le plus de votes remportera un chèque de 3000€.

Pour l'occasion, nous nous engageons à reverser 1000€ à l'association Kalaweit si nous gagnons. De quoi sauver près de 10 000€ de forêt ! Un vote = 10 000m2. Pas mal non ?

Vous avez jusqu'au 31 mai pour voter et tenter de nous faire gagner le chèque, alors on compte sur vous... ça vous prendra 30 secondes maximum :

Pour voter, ça ce passe par ici 🐵

Encore merci pour votre soutien. C'est grâce à vous si Papa Outang ferra bientôt son entrée en magasins. Vous nous donnez la force d'aller toujours plus loin ; de repousser les limites pour faire de Papa Outang un outil concret pour lutter contre la déforestation.

À très vite pour de nouvelles aventures, le combat pour sauver la forêt ne fait que commencer ! ✊


2 commentaires

  • Cluset

    Magnifique idée et un vrai parcours du combattant qui va certainement se transformer en balade en forêt (!) ! On y croit ! Bravo !

  • DURAND Michel

    Merci pour cet historique très instructif. Je vous suit depuis le début de cette aventure et croyais tout connaitre de Papa Outang; je me trompais. Longue et belle vie à ma pâte à tartiner préférée !


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